L’informatique dans les nuages modifie aujourd’hui notre manière de communiquer et cette évolution nous amène également à devoir repenser les principes de protection de nos données.

Accessible partout et immédiatement

L’évolution de la technologie et de l’informatique dans les nuages (cloud computing) a permis d’offrir une nouvelle jeunesse aux services du web. Les réseaux des centres de calculs se fondent dorénavant dans un nuage pour ne proposer qu’un seul et même service où les frontières géographiques ne sont finalement que (presque) virtuelles. Les limites des principaux acteurs de ce marché comme par exemple Apple, Google, Facebook, Pinterest, Twitter, Evernote, SalesForce sont repoussées chaque jour pour répondre à des besoins qui s’emballent et où chaque nouveauté devient un acquis le jour suivant.

Dans cette course sans fin, l’informatique dans les nuages offre maintenant à chacun d’entre nous de nouvelles dimensions pour communiquer et échanger des données. Libérées de leur stockage en local sur un ordinateur, ces dernières sont dorénavant immédiatement accessibles sur tout le nuage d’un seul clic. De plus, il est dorénavant possible de les traiter sans distinction seul ou en groupe, ici ou là, en mode local ou connecté et depuis une multitude de formats de terminaux allant du téléphone intelligent au poste standard de travail en passant par la tablette.

Entre puissance et abus

Ces fonctionnalités nous amènent donc logiquement à réorganiser nos tâches à la maison et sur notre place de travail afin de profiter de cette nouvelle puissance de traitement et de diffusion des données. De plus, en agrégeant les multiples sources de données sur un nuage informatique, les prestataires de ces services disposent automatiquement d’une mine d’informations quasi-inexploitées et qui réveille aujourd’hui de grandes espérances à la hauteur du buzz qui accompagne le terme du “big data”.

Les géants d’Internet ont d’ailleurs bien compris cette équation. En offrant des services gratuits à une large base d’internautes, ils s’allouent automatiquement une manne d’informations qui a une valeur marchande qui n’a rien de virtuelle. Ainsi, dans le cadre de cet arrangement, l’utilisateur essaime un flot de données contextuelles qui permettent alors aux prestataires de mieux comprendre son comportement ou d’anticiper certaines de ses intentions. Il est clair que la plupart de ces analyses poursuivent un objectif commercial de rentabilité mais, aujourd’hui nous observons une évolution des demandes où les motivations sont aussi floues que le nuage lui-même. Chacune de nos interventions sur un cloud public se voit donc potentiellement affublée d’une étiquette x ou y qui pourra avoir des éventuelles conséquences directes sur notre vie de tous les jours.

Evoluer grâce à la régulation et la sécurité

Sécurité dans les nuagesFace à de tels dérapages potentiels ou avérés, de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui heureusement pour les dénoncer et proposer un corpus de règles permettant de mieux les encadrer. Les défis de la régulation sont évidemment très importants : Il s’agit d’apporter des règles de bons comportements contrôlables et de définir des limites d’exploitation des données garantissant les droits essentiels de chaque acteur concernés, de l’internautes aux différents prestataires du web, sans oublier les Etats. Ces derniers doivent d’ailleurs faire face à de nouvelles menaces dans cette cyber-dimension où la criminalité se répand telle la gangrène.

Avec le cloud computing, la disponibilité de l’information s’est vue renforcée et ceci souvent malheureusement au dépend de leur confidentialité. Protéger adéquatement des données nécessite de les identifier et de les classifier. Ce principe est pourtant aujourd’hui irréalisable pour les services de clouds publics dans la mesure où nous sommes incapables de connaître où sont les données, ni comment elles sont sauvegardées ou même qui peut effectivement y accéder.

Gardons alors simplement l’espoir que tous ces points ouverts ne soient pas des freins à cette évolution mais nous permettent plutôt de repenser et de réinventer nos modes de consommation de l’information.

Cet article a été rédigé pour la brochure qui accompagnera les salons Swiss IT Business et eCom qui se dérouleront le 30 avril prochain à Palexpo Genève.